Réponse à Monsieur Christian Jacob du 13/03/2011
Monsieur le Député,
Je vous remercie de votre courriel et du temps que vous avez bien voulu consacrer à ma requête et au dossier qui la compose.
Vos remarques me touchent car elles sont le fruit d’une réflexion profonde et sincère.
Je demeure néanmoins sans réponse à une grande partie de mes questions posées dans mes 5 courriers adressés à Monsieur le Président de la République dont je vous transmets une synthèse en PJ.
Vous trouvez également en PJ, un relevé des propos les plus « marquants » de la Marseillaise, « Hymne de guerre de l’armée du Rhin » ainsi que de la Marseillaise, « Hymne de Paix pour la Liberté ».
Afin d’être le plus précis possible, je réponds ci-dessous, point par point à votre courriel du 16 février 2011.
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Monsieur,
Vous avez bien voulu me faire part de vos réflexions concernant le texte de la Marseillaise.
Je tenais à vous assurer que j’avais pris connaissance de votre courriel avec toute l’attention qu’il mérite et que j’avais pris note de vos remarques.
La Marseillaise est à l’origine un chant de guerre révolutionnaire mais surtout un hymne à la liberté.
La Marseillaise symbolise la liberté mais son contenu est un appel à la violence, la haine et la vengeance, antinomies de la liberté;
D’où l’extrême paradoxe et incohérence de notre Hymne National.
Ce symbole de la République, au-delà du chant guerrier, accompagne en effet la réconciliation et la paix.
Un chant guerrier appelle par définition à faire la guerre, comment peut-il accompagner la réconciliation et la Paix ?
Ce sont, je vous le rappelle, les accents de La Marseillaise qui ont symbolisé la liberté retrouvée à la Libération de Paris, tout au long de la journée du 25 août 1944.
Autre paradoxe, la Marseillaise symbolise à son origine, le siège de Paris par le peuple et la décapitation des gouvernants de la France de l’époque.
Raymond Poincaré lui-même déclarait, à l’occasion du transfert des cendres de Rouget de Lisle aux Invalides le 14 juillet 1915, que « Dans la genèse de notre hymne national, nous trouvons à la fois un splendide témoignage du génie populaire et un exemple émouvant de l’unité française. »
Raymond Poincaré ignorait alors que la Première guerre mondiale sera suivie d’une seconde puis de la guerre d’Algérie et que la Marseillaise dénombrera depuis sa création jusqu’à ce jour, plus de 100 millions de victimes des guerres dans le monde.
En cette période où nous posons le débat sur notre identité nationale, les symboles de la République ont une véritable valeur de rassemblement. Aujourd’hui La Marseillaise est bien plus que l’hymne national. C’est un cri de la France prolongé d’échos en échos, c’est un message chanté sur tous les continents par les combattants de la liberté.
Je suis en accord avec cette remarque et c’est précisément ce qui m’inquiète profondément.
Ce « cri de la France prolongé d’échos en échos », ce « message chanté sur tous les continents par les combattants de la liberté » est un appel à la violence, la vengeance, la mort, un hymne au « sublime orgueil » (Couplet des enfants).
Tout ce qui me semble être à proscrire en priorité aujourd’hui.
Parce que la Marseillaise est « un cri de la France prolongé d’écho en écho », je propose de la conserver comme Hymne National mais de la compléter par ses couplets manquants dédiés à La Paix, la Liberté, l’Egalité et la Fraternité. (Extraits en PJ)
Pour le bien de nos générations présentes et à venir.
C’est cette idée de la France qui combat pour les droits de l’Homme, pour la liberté d’expression, l’égalité entre les Hommes et la fraternité que nous devons préserver et léguer aux générations futures. Elle est, en effet, la garante de la paix
Comment peut-elle être garante de la paix alors qu’elle prône l’idée inverse ? Elle est un chant de guerre. (Extraits en PJ)
Monsieur le Député, je conclus ma réponse m’appuyant sur les propos tenus par monsieur Nicolas Sarkozy lors de sa visite en Ethiopie le 30 janvier 2011.
Dans son discours, il rappelle la nécessité de «changements pacifiques», parlant de l’Egypte et la Tunisie puis déclare, et cela me réjouit :
«La violence, d’où qu’elle vienne, n’est jamais la solution, parce que la violence n’appelle rien d’autre que la violence, parce que la violence, sur tous les continents, n’engendre que la désolation et la souffrance ».
Monsieur Jacob, pourquoi la Marseillaise, hymne de guerre de l’armée du Rhin, apologie de la violence, échappe-t-elle à cette vérité absolue énoncée par notre président de la République ?
Restant à votre entière disposition, je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Christian JACOB
Président du Groupe UMP
Député de Seine et Marne
Je vous remercie, Monsieur le Député, de l’attention que vous portez à ma démarche.
Je vous remercie de bien vouloir répondre à mes questions et souhaite vous rencontrer pour faire évoluer ce sujet fondamental vers une solution juste pour l’équilibre et le devenir de notre république.
Je me tiens à votre entière disposition pour un rendez-vous à votre convenance et vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de ma haute considération.
Jean-Louis Chappeland




